Washington DC

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jeudi 22 mai 2014

Tour & Tea for Two in a Tower on Tuesday

Did you see a woman looking a little bit like me ?
No, I don't think so. But go inside and check.

Washington National Cathedral

Oui, mon amie est déjà arrivée et me fait de grands signes de bienvenue. Nous avions convenu de nous retrouver à l'entrée mais la chaleur est insupportable: 32°C à l'ombre. Visiter la Washington National Cathedral est l'activité parfaite pour rester au frais aujourd'hui.  Quel flair !

Les derniers arrivants rejoignent le groupe composé d'une quarantaine de personnes venant d'Annapolis. Jane, notre guide, se présente. Avec sa voix de stentor et son sens de l'humour acéré, elle tient le groupe bien en main.  Visiblement, Jane préfère guider des visiteurs adultes que des 8th graders incultes qui découvrent la capitale et qui posent des questions qui lui font lever les yeux au ciel.  En une heure Jane nous montrera quelques points remarquables de la cathédrale.

Le vitrail de l'espace contient une pierre de lune donnée par l'équipage d'Apollo 11

En Amérique, on adore les chiffres et c'est par là que Jane commence la visite. Longue de 160 mètres, la cathédrale est la 2ème plus grande aux Etats-Unis et la 6ème plus grande au monde. Sa construction s'est étalée entre le 29 septembre 1907 et le 29 septembre 1990. Elle est de style gothique et en roche calcaire de l'Indiana.  Chaque pièce a été faite à la main, et il n'y a aucun élément en acier dans la structure.  On compte 215 vitraux et 112 gargouilles.  Plus de 220 personnes sont enterrées dans la cathédrale dont le président Wilson et Helen Keller.

La Washington National Cathedral cathédrale est avant tout nationale, appelée à être une maison spirituelle pour la nation. Sa mission est d'être "un catalyseur de l'harmonie spirituelle, de renouveau dans les églises, de réconciliation entre les confessions religieuses, et de compassion dans notre monde" (ma traduction).

 Les drapeaux des Etats et un filet en vue des travaux de restauration

En haut des pilastres de la nef centrale pendent les drapeaux des 50 Etats, dans l'ordre de leur adhésion à l'Union :  Delaware, Pennsylvanie, New Jersey, Georgie, Connecticut... Chaque état reçoit sa semaine de prière. Les deux semaines restantes sont consacrées à Washington DC et au pays dans son ensemble, et ainsi,  l'année est bouclée !

Christ souffrant par Steven Sykes

Le Président Eisenhower et la Reine Elisabeth II ont inauguré en 1957 la War Memorial Chapel, dédiée aux vétérans.  On y trouve un Christ souffrant sculpté par un artiste britannique.  Le halo qui entoure son visage renvoie aux obus éclatés, aux barbelés et aux lames de baïonnettes.  Des souvenirs de toutes les guerres menées par les Etats-Unis sont présents sous la forme d'objets ou racontés dans les vitraux. On pourrait rester des heures à regarder mais avec Jane nous avançons comme au son du canon...

Fondation d'une nation

Les bleus et gris foncés représentent la fumée des feux de camps des indiens, le vert la croissance nouvelle, et les gris clairs l'espace ouvert... Chaque vitrail porte une histoire à rappeler et à transmettre.

Rosa Parks

Mère Teresa de Calcutta


Deux petites têtes de pierre se font face dans le narthex, qui rappellent à notre souvenir deux grandes dames.  Rosa Parks, icône de la résistance contre la ségrégation raciale, et mère Teresa de Calcutta que l'on ne présente plus.  La cathédrale est en construction perpétuelle et en restauration depuis le tremblement de terre d'août 2011.

Au 7ème étage, dans une des tours, nous attend une table pour deux, joliment dressée pour le thé.  Nous nous régalons de la vue grandiose sur les toits et du panorama vers le centre de la ville.  La formule Tour and Tea fait partie des multiples activités de fund raising. Les travaux de réparation des dégâts provoqués par le tremblement de terre sont estimés à 26 millions de dollars...

Vers la ville, le Potomac et Arlington (VA)

La chaleur nous enveloppe à la sortie du bâtiment. Oui, nous avons eu une bonne idée de passer une partie de l'après-midi au frais. Et je reviendrai avec des jumelles pour voir Darth Vader, la fameuse gargouille,  qui ne faisait pas partie des "highlights" présentés par Jane.

Anne



mercredi 7 mai 2014

"Fund Raising" de printemps

Le Fund Raising est omniprésent aux Etats-Unis. Pratiqué par les écoles, les églises, les associations, les radios, les pompiers, la police... pas moyen d'y échapper.  Les rues sont pleines de petites pancartes qui informent les conducteurs. Les environs immédiats affichent d'énormes placards.  You can't miss it !

Washington National Cathedral Flower Mart
Cette pratique fonctionne de manière saisonnière. Actuellement, les écoles organisent leur grande recherche de fonds annuelle et organisent des marchés aux fleurs. L'azalée est la fleur-phare dans les écoles de notre quartier. Mais quand je vois l'ampleur des préparatifs et toutes les voitures qui ont déjà envahi les terrains de sport transformés en parkings géants, je décide plutôt de me rendre au Flower Mart de la cathédrale nationale de Washington qui m'a été recommandé par Fabienne. Ce marché aux fleurs est une institution qui fête ses 75 ans en 2014. J'y vais le vendredi car ce genre d'événement déplace les foules en week-end.  

The Herb Lady a fait le plein et attend les clients
L'ambiance est bon enfant. L'organisation est parfaite. Une multitude d'attractions et de stands attirent les clients. Il s'agit de vendre un maximum tout en s'amusant. Il y en a pour tous les goûts : carrousel, marionnettes, concerts, bijoux, foulards, chaussures, livres, pâtisseries fines et chocolat, plantes et fleurs, brocante, artisanat, sacs, vaisselle, vêtements et accessoires, herbes de provence... et j'en oublie. 

 Hésitation...
Orchidée ou pas... En cadeau ou pour moi ?
On circule facilement en ce début d'après-midi.

Foulards et chapeaux.
Il y a bien sûr de quoi manger. Aucun rassemblement n'a lieu sans offrir les aliments préférés du grand public :  hot-dogs, burgers et pop corn, cinnamon buns et glaces, le tout arrosé d'immenses sodas, softies et smoothies. Je ne les regarde même pas car je ne me ferai jamais à ce type de nourriture. Une assiette de Trinidad à base de riz, de bananes plantains et de curry fera mon affaire. Presque délicieux. 

A l'ancienne...
Un orgue de barbarie égraine ses sons aigrelets et fascine les enfants.  Je me rapproche du kids corner et le bruit augmente tout comme les offres de snacks... Alors, un énorme sac de pop corn, pour qui ?

 Salés, sucrés, au caramel ou nature ?

Et moi, j'achète un serpent, oui, celui-là !


Je veux une girafe !

























Je fais encore un tour des environs et je découvre enfin le clou de l'événement :  Flowers Around the World, des bouquets offerts par les ambassades (enfin, quelques-unes) et présentés dans les baies latérales de la cathédrale. Les compositions florales se succèdent et ne se ressemblent pas. J'en photographie quelques-unes qui retiennent particulièrement mon attention.  
Australie
 Simplicité monochrome pour l'Australie.

Pays-Bas : fraîche nature morte
Un élément de l'histoire de l'art européen dans cette nature morte toute en fraîcheur inspirée d'une oeuvre de Jan van Huysum (1754) présentée par les Pays-Bas.  

Orchidées et héliconia
Un festival chatoyant de plantes tropicales présentées par Hong Kong...

 Ukraine
La composition florale de l'Ukraine parle d'elle-même et nous rappelle son actualité brûlante.  Pensons-y  !
Anne



mercredi 30 avril 2014

Sky Meadow State Park in Virginia



Un ciel bleu insolent. Une heure de route depuis Washington. Collines et campagnes, vaches et chevaux, fermes et horizons lointains forment un environnement parfait pour randonner avec une petite bande motivée.  Nous emprunterons même un petit tronçon de l'Appalachian Trail. Après un long passage dans les taillis et les bois, un vaste paysage s'ouvre à nous.

La légende se trouve ci-dessous :


 Mais si, puisque c'est écrit !



Une descente douce nous ramène au visitor center. Près de l'ancienne ferme qui abrita plusieurs  familles vivant de la terre et de l'élevage, un petit bâtiment est ouvert et accueillant, allons voir! Une chaude odeur de feu de bois nous emporte dans le passé en même temps qu'une voix un peu rauque nous salue.

Welcome in the Summer Kitchen

Today we are baking a pudding.

Let's check if the pudding is ready ?

Oh no, Mary, not ready yet, the knife is full of butter ! 
Nous ne goûterons pas au pudding cuit à l'ancienne. Qu'à cela ne tienne, nous quittons les lieux, touchés d'avoir eu un contact avec cette ambiance rustique et avec les paysages modelés par la vie paysanne.  Il en émane une tranquillité apaisante.

Mount Bleak House 

Anne

samedi 26 avril 2014

OBX en Caroline du Nord

Minuit. La maison tremble, bouge, gîte comme un navire en pleine mer. Les rafales de vent sont de plus en plus violentes. Les vagues se fracassent avec force sur le rivage. Les éléments se déchaînent… C’est la tempête ! Et nous nous trouvons sur une île qui me semble en ce moment bien fragile. Toute étirée en longueur, elle ne fait pas 300 mètres de large à la hauteur de la maison que nous occupons.  Une maigre barrière de dunes nous sépare de la plage mangée par les vagues. Etait-ce vraiment une bonne idée de passer une semaine à Hatteras dans les Outer Banks ? 

J’entends encore un enfant nous dire avant d’aller se coucher “I guess you guys are too lazy to evacuate !”

La météo annonçait "Coastal flood, gale, heavy rain, and thunderstorm". Un beau programme de tempête. Une fois de plus la nature nous a brusqués. Nous gardons un souvenir très vif des deux ouragans que nous avons vécus à New York et nous ne sommes pas très à l’aise.  Fallait-il quitter les lieux ? Avons-nous compris correctement l'avis transmis par la météo? De toute façon, à l’heure qu’il est, LA route vers le nord est inondée. Il n’y a plus qu’à patienter et à espérer que la maison construite sur pilotis résiste à l’assaut du vent.  Ce n’est  la première tempête qu’elle connaît, ni la dernière certainement…  La nature nous rappelle qu'elle est imprévisible et reste la plus forte.


Si j’écris ces lignes, c’est que la maison a bien tenu et que nous avons survécu. Ouf ! Le matin nous a trouvés légers et contents ...
Le temps ne s’est pas remis au grand bleu, les températures ont chuté.  La pluie s’est arrêtée, le vent a continué à souffler suffisamment pour rendre ardues les promenades sur la plage.


La nature est l’attrait puissant de l’île d’Hatteras : dauphins, cormorans, petits échassiers se relaient pour capter notre attention sur les plages immenses. Les maisons de vacances toutes en bois sont homogènes et burinées par le climat. Aucune chaîne commerciale ne vient enlaidir le village de pancartes publicitaires aux couleurs criardes. Il n'y a qu'une ou deux possibilités de ravitaillement de base. Quelques familles, des enragés de la pêche à la ligne, se croisent sur la plage. Peu de trafic et peu de bruit. Un poissonnier nous vend les produits ultra-frais du jour : un régal!

Le phare d'Hatteras
“Y a vraiment rien à faire ici” nous répètent les adolescents que nous avons emmenés avec nous. C’est vrai ! Rien de compliqué, que des choses simples dans ce bout du monde fantastique. Et c’est ça dont nous avons besoin pour recharger nos batteries.



Nous allons voir le phare d’Hatteras et celui d’Ocracoke après avoir franchi par le ferry le passage vers l’île suivante  au sud.
Le phare d'Ocracoke
Le regard régénéré par la vue répétée de la mer et l’esprit aéré par le grand vent, nous remontons sans histoire vers la capitale fédérale pour trouver le printemps installé dans son habit neuf.

Le Ferry au port d'Hatteras

Anne

NB : OBX pour Outer Banks, pas pour Obélix !

vendredi 11 avril 2014

Cherry Blossom Festival

"Wherever you go, you will be late" m'annonce mon voisin de banquette dans le métro. La Red Line qui m'emmène en ville est perturbée aujourd'hui. L'automate où je tente de recharger ma carte de métro refuse de fonctionner alors que le système en place est déjà si compliqué ! J'arrive enfin à destination. Des flots de gens marchent dans la même direction que moi. Je n'en crois pas mes yeux. C'est pourtant jeudi, un jour de semaine. Mais ce qui nous attire est éphémère... et c'est maintenant la pointe de la floraison des cerisiers du Japon. En 1935 on en a fait un festival qui attire plus d'un million de personnes sur une douzaine de jours. 
Je me dirige vers le Tidal Basin dont j'ai prévu de faire le tour. Il y a un monde fou. Les   familles sont venues pique-niquer sur l'herbe, les fonctionnaires prennent l'air durant la pause de midi, les couples se promènent, les personnes seules aèrent leur chien, les mères marchent avec poussette et enfants, les sportifs tentent de franchir la foule en courant. Un point commun, tous, je dis TOUS font des photos. Que ce soit en mode "selfie" ou avec un appareil très sophistiqué, la photo s'impose. Je ne fais pas exception.
 

Passé les premières centaines de mètres, et les baraquements qui vendent souvenirs, eaux et repas américains ou asiatiques en lunch box, et qui débitent de la musique, la foule est moins dense.  Les  arbres sont splendides. Entre les bouquets blancs et les roses, je ne sais lesquels sont les plus charmants...  Chaque fleur est remarquable, l'ensemble est grandiose ! 

  Martin Luther King, Jr. Memorial
 Martin Luther King veille de sa présence ferme et bienveillante sur tous les visiteurs, quelle que soit la couleur de leur peau.  Car le monde entier défile dans la capitale fédérale à l'occasion du festival. 

Au loin le Washington Monument a retrouvé sa ligne impeccable d'avant le tremblement de terre. 

Des japonaises se font prendre en photo devant un monument à la bonne entente nippon-américaine. 

"Please don't pick the blossoms".

Environ 3800 arbres (prunus) sont entretenus par une armée de jardiniers. Les park rangers veillent à ce que personne ne cueille de fleurs ni ne jette de détritus. 




















Hourrah ! Le printemps est là !


Anne

lundi 7 avril 2014

Shenandoah National Park, Virginia

Le week-end dernier tous les ingrédients du printemps étaient réunis : grand bleu, température agréable, envie de découverte et suffisamment de courage pour se lancer sur la route. Deux heures plus tard, nous voici à environ 1000 mètres d'altitude, sur la Skyline drive, la route de crête du Shenandoah National Park.  Le panorama qui s'offre à nous est vaste.Nous retrouvons les attraits typiques des parcs nationaux : infrastructure impeccable et immensité. La nature est accessible dans un cadre défini.


Der Wanderer nous avait laissé en novembre un petit livre décrivant une série de randonnées possibles dans le parc de la Shenandoah. Nous n'avons eu que l'embarras du choix. 

Nous optons pour le "Hawksbill Summit Loop",  une boucle qui emprunte un tronçon du mythique Appalachian trail que nous avons déjà fréquenté sur une courte distance dans le Connecticut. 

Le chemin monte sans se presser. Si la nature porte encore les marques de l'hiver, la lumière donne un éclat particulier aux rochers, à la mousse et aux feuilles qui achèvent leur retour à la terre.  Le potentiel du printemps est tout en frémissement calme. 

Nous plongeons dans le silence de la forêt. Oui, le silence, si rare dans notre Amérique quotidienne, nous enveloppe avec bienveillance. 

Verrons-nous des animaux, l'ours noir sera-t-il au rendez-vous ? Non, pas aujourd'hui.  
A la "Caspar Friedrich"
La pose à la "Caspar Friedrich" lors d'une pause en chemin. La vallée de la Shenandoah s'ouvre devant nous. Les massifs se succèdent au loin comme de longues vagues.
La vue depuis le Hawksbill Summit
Encore une pause, au sommet que nous avons atteint sans peine. Nous sommes à 4051 pieds, soit 1235 mètres. Le ciel aussi s'y est mis pour nous impressionner.
Panorama à la hauteur du Byrd's Nest n. 2

La balade de ce dimanche était une mise en jambes des plus réussies. Ce premier contact avec le massif de la Shenandoah nous incite à faire de nouveaux projets de randonnée. Les deux heures de route sont largement compensées par la beauté des sentiers et du paysage qui se déroule au long de la marche. 
 Nous laissons derrière nous les massifs montagneux et rentrons.
Le long de la route on aperçoit de nombreuses églises aux dénominations diverses. Un jour je rédigerai un article sur cette variété qui m'intrigue si souvent.

Dans ce pré d'herbe rousse, un monument à la guerre de Sécession. Mais nous ne nous risquons pas à franchir la barrière fermée par une grosse chaîne. Nous sommes en Virginie où le port d'arme à feu est banal. Private property : no trespassing.

Anne

mardi 1 avril 2014

Retour sur le Nouveau Continent

Quelque part au dessus de l'Océan Atlantique


 Hudson River

Potomac River
Avant même d'atterrir je pressens qu'un snow day m'attend. Une bonne couche de neige et peu de trafic sur les routes sont les indices qui me sont donnés. Cela suffit pour fermer les écoles et garder les enfants à la maison.
Dulles International Airport
Back home.
Home ?
Where is home ?
Toujours la même question. Elle m'assaille lorsque je passe d'un continent à l'autre.
Est-ce là d'où je viens ou ici où j'arrive ?
La réponse n'est pas définitive...

Anne