Washington DC

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samedi 23 janvier 2016

Snowzilla

Hier soir

L'hiver est là ! S'il s'est fait attendre, il se rattrape largement. C'est l'état de siège dans la région de Washington DC.  Rien ne bouge, aucun bruit. Tant qu'on peut en parler tout en restant chez soi bien au chaud et qu'il y a pas de coupure de courant, tout va bien ! 

Les écoles ont connu un delay jeudi matin et le premier snow day de la saison vendredi, pour le plus grand bonheur de nos écoliers. 



La neige a commencé à tomber hier vers 13h et n'a pas cessé depuis.  Remontons dans le temps pour évoquer les préparatifs avant la tempête. Dès mercredi alors que les prévisions météo alarmantes ont été confirmées par différentes sources, les supermarchés ont été pris d'assaut. Fruits et légumes, boîtes de conserve, biscuits, lait et eau, piles, allumettes, bougies, pelles à neige... les rayons ont été ratiboisés.  Et là où on les vend, idem pour la bière, le vin et l'alcool.  Vendredi matin certaines stations d'essence étaient à sec.   



Ce matin... Bon, on fait comment pour sortir ? 

Les gens prenaient des photos des longues files d'attente aux caisses.  Une femme m'expliquait qu'elle allait envoyer une photo à sa fille en Californie pour qu'elle se rende compte de la situation à DC.  Il règne une ambiance de pré-catastrophe, comme les jours qui précédaient les ouragans Irene et Sandy lorsque nous vivions à New York, un peu moins dramatique toutefois même si la météo évoque des 'potential life threatening conditions'.  Les gens se parlent et échangent leurs histoires de catastrophes vécues ici ou ailleurs. 


Ski de fond
Ce matin, c'est avec difficulté qu'on réussit à mettre le nez dehors.  J'opte pour mes skis de fond qui datent du Canada. Sur la tête, ma toque autrichienne. La neige est fraîche, il n'y a quasi pas de traces. J'avance lentement. C'est vraiment dur, vraiment fun, et certainement  un fameux exercice. Je ne suis pas une franche adepte des sports d'hiver mais quand l'hiver vient à moi, je saisis l'occasion. Pas grand monde à voir dans les rues à part deux ou trois courageux qui tentent de déblayer leur driveway. 

 Je le connais ?
On s'enfonce dans la neige jusqu'aux genoux même avec des raquettes aux pieds !



A l'heure où j'écris ces quelques lignes, la neige tombe de plus belle. Rendez-vous demain si possible pour un update de la situation... 

Stay warm and safe !

Anne

samedi 26 avril 2014

OBX en Caroline du Nord

Minuit. La maison tremble, bouge, gîte comme un navire en pleine mer. Les rafales de vent sont de plus en plus violentes. Les vagues se fracassent avec force sur le rivage. Les éléments se déchaînent… C’est la tempête ! Et nous nous trouvons sur une île qui me semble en ce moment bien fragile. Toute étirée en longueur, elle ne fait pas 300 mètres de large à la hauteur de la maison que nous occupons.  Une maigre barrière de dunes nous sépare de la plage mangée par les vagues. Etait-ce vraiment une bonne idée de passer une semaine à Hatteras dans les Outer Banks ? 

J’entends encore un enfant nous dire avant d’aller se coucher “I guess you guys are too lazy to evacuate !”

La météo annonçait "Coastal flood, gale, heavy rain, and thunderstorm". Un beau programme de tempête. Une fois de plus la nature nous a brusqués. Nous gardons un souvenir très vif des deux ouragans que nous avons vécus à New York et nous ne sommes pas très à l’aise.  Fallait-il quitter les lieux ? Avons-nous compris correctement l'avis transmis par la météo? De toute façon, à l’heure qu’il est, LA route vers le nord est inondée. Il n’y a plus qu’à patienter et à espérer que la maison construite sur pilotis résiste à l’assaut du vent.  Ce n’est  la première tempête qu’elle connaît, ni la dernière certainement…  La nature nous rappelle qu'elle est imprévisible et reste la plus forte.


Si j’écris ces lignes, c’est que la maison a bien tenu et que nous avons survécu. Ouf ! Le matin nous a trouvés légers et contents ...
Le temps ne s’est pas remis au grand bleu, les températures ont chuté.  La pluie s’est arrêtée, le vent a continué à souffler suffisamment pour rendre ardues les promenades sur la plage.


La nature est l’attrait puissant de l’île d’Hatteras : dauphins, cormorans, petits échassiers se relaient pour capter notre attention sur les plages immenses. Les maisons de vacances toutes en bois sont homogènes et burinées par le climat. Aucune chaîne commerciale ne vient enlaidir le village de pancartes publicitaires aux couleurs criardes. Il n'y a qu'une ou deux possibilités de ravitaillement de base. Quelques familles, des enragés de la pêche à la ligne, se croisent sur la plage. Peu de trafic et peu de bruit. Un poissonnier nous vend les produits ultra-frais du jour : un régal!

Le phare d'Hatteras
“Y a vraiment rien à faire ici” nous répètent les adolescents que nous avons emmenés avec nous. C’est vrai ! Rien de compliqué, que des choses simples dans ce bout du monde fantastique. Et c’est ça dont nous avons besoin pour recharger nos batteries.



Nous allons voir le phare d’Hatteras et celui d’Ocracoke après avoir franchi par le ferry le passage vers l’île suivante  au sud.
Le phare d'Ocracoke
Le regard régénéré par la vue répétée de la mer et l’esprit aéré par le grand vent, nous remontons sans histoire vers la capitale fédérale pour trouver le printemps installé dans son habit neuf.

Le Ferry au port d'Hatteras

Anne

NB : OBX pour Outer Banks, pas pour Obélix !