Washington DC

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samedi 24 octobre 2015

Gettysburg, PA


"There is the man ! Yes ! Meade!". L'homme qui prononce cette phrase en pointant du doigt vers un cavalier de bronze, avance à grand pas. Fasciné par le monument, il en fait le tour et lit tout haut les inscriptions de la plaque commémorative. Il lève la tête en plissant les yeux, recule pour avoir une meilleure vue d'ensemble. Il s'oriente ensuite vers la plaine. "Right here, it happened right here !". C'est entre cet arbre et ce bosquet que s'est joué l'affrontement majeur entre les sudistes et les nordistes. Ces derniers l'ayant finalement emporté.   


Nous sommes sur le champ de bataille de Gettysburg en Pennsylvanie. Le site est superbe : les couleurs de l'automne donnent une touche flamboyante au paysage qui fut le théâtre des opérations qui ont coûté la vie à 50.000 combattants ! Trois jours d'affrontements acharnés en juillet 1863.  Les américains ont eu la bonne idée de conserver les lieux intacts en érigeant plaines et collines en parc national. 


Quelques fermes de l'époque sont toujours debout, de même que les mûrets de pierres sèches qui séparent les champs. Aucune construction intempestive ne vient choquer le regard. Des monuments à la mémoire des héros des deux camps se trouvent de part et d'autre de la ligne de démarcation et se fondent dans le paysage. Une route à sens unique permet de faire le circuit de la bataille de façon organisée. Je dois reconnaître que les visiteurs sont très respectueux de ce vaste memorial. Pas de cris, pas de nourriture, pas d'agitation, les voitures roulent lentement.


Le visiteur type est un homme d'un certain âge, qui vient de loin et qui a réussi à entraîner sa femme jusqu'en Pennsylvanie. J'ai vu des voitures du Michigan, d'Illinois, de Caroline du Nord, de Georgie, de l'état de Washington...  "I want you to take a picture of that".  Encore une épouse qui suit tant bien que mal sous le soleil éclatant. C'est elle qui porte l'appareil de photo et exécute les ordres. La visite du champ de bataille tient du pèlerinage que tout bon citoyen américain se doit d'accomplir au moins une fois dans sa vie. 


Je ne suis pas américaine et moi aussi je marche à la suite de mon mari qui se  passionne pour ce qu'il voit. J'écoute ses explications, ne retiens pas tout. J'attends à l'ombre quand c'est possible, je prends quelques photos.  Le paysage est reposant malgré l'horreur qu'il a connue. En témoigne notamment le tristement fameux  "Devils Den".


Le général Lee sur son destrier.  Pas mal d'allure, malgré la défaite, non ? 

Anne

lundi 28 septembre 2015

Oregon Coast

Les promesses d'un ailleurs sont déjà présentes sur les cartes d'embarquement que j'ai imprimées le matin de notre départ : "Alaska Airlines".  Les lettres se détachent blanches comme neige sur fond bleu de mer.  Nous ne partons pas en Alaska mais dans la région du  Pacifique nord ouest :  destination Oregon et Washington, l'autre, pas celui du District of Columbia où nous vivons.  Un long voyage jusqu'à Portland, OR. Une courte nuit malgré le gain de trois heures octroyé par le passage à l'heure du Pacifique. Ce qui signifie que nous avons neuf heures de décalage avec l'Europe ! 


La sortie de Portland est lente. L'heure de pointe, la fatigue du décalage et les caprices du GPS nous compliquent la route. Quelques heures plus tard nous faisons nos premiers pas sur une plage du Pacifique. L'eau est froide, un bain de pied suffit. D'ailleurs personne ne nage. Du vent, des cerf-volants, nous pique-niquons sur la plage et sommes conquis. Nous passons quatre jours à arpenter la côte, entre Seaside, Cannon Beach, Rockaway Beach, Newport et Cape Perpetua et nous allons de surprise en émerveillement. 


La montagne et la forêt ont les pieds dans l'eau et bordent de vastes plages de sable fin.  Oswald West, quatorzième gouverneur de l'Oregon de 1911 à 1914, homme éclairé, a eu l'idée géniale de protéger toute la côte de l'état en l'établissant en State Park. En clair, toutes les plages sont accessibles et non privatisées.  





Où sont les touristes ? Il n'y a pas grand monde sur la route 101 qui longe la côte. D'ailleurs elle ne comprend qu'une bande de roulage dans chaque sens. On a d'autant plus le sentiment d'être loin qu'une rangée de petites montagnes sépare le front de mer du reste du pays. Les sommets retiennent les nuages venus du grand large, couvrant cette longue bande étroite de brouillard matinal avec la perspective d'une fraîcheur qui encourage l'activité plus que le farniente.


Un soir nous achetons un fagot de bûches et du petit bois auprès d'une échoppe sans personne à voir.  Il suffit de déposer ses dollars dans une petite boîte. Ca marche à la confiance.  Nous faisons un feu de camp sur la plage et nous ne sommes pas les seuls. Serait-ce une tradition apportée par les pionniers du Far West ?  Grand fun !  


Marcher sur la plage, faire les courses à Garibaldi (si, si, ça ne s'invente pas), admirer les locomotives de la ligne côtière désaffectée, visiter la micro-brasserie Pelican et la méga-usine de Cheddar de Tillamook (du fromage et des produits laitiers à gogo pour ceux qui les aiment).  La diversité des activités était au rendez-vous. Sans oublier un premier contact avec la forêt dont les immenses pins ont l'allure de nos pins ardennais avec la taille américaine XXXL.


Par grand bleu ou léger gris, la côte de l'Oregon nous a séduits.

Anne

mercredi 23 septembre 2015

# Pope In DC





5h30 du matin, je suis dans le métro vers la ville. Peu de monde à part une poignée de latinos très en verve. Ils arborent tous le même T-shirt blanc : au recto, le portrait du pape, au verso sa signature "Franciscus".  Ils sont à leur affaire, leur pape est en ville !  Mais pourquoi de si grand matin ?  J'ai décidé d'assister à la messe dans une église de Capitol Hill, la seule des environs du Mall qui avait encore des places disponibles dimanche soir.

Après la messe à St Peter nous recevons un bracelet de papier qui autorise l'accès le long du passage du convoi papal.  Il n'est pas encore 7h et il fait encore sombre.  Je me mets en marche vers le Mall alors que l'aube se lève sur le Capitol.


L'entrée se fait près du monument de Washington.  Les contrôles sont draconiens. Tous les appareils électroniques doivent être allumés. Horreur! Mon appareil de photo ne donne aucun signal. Je dois ressortir pour mettre dans le bon sens la batterie que ce matin j'ai placée à l'envers. Ouf, je peux entrer. Je suis le flot et je me trouve plutôt bien placée en troisième rangée, pas encore sous le mode sardine-en-boîte. 


Le jour se lève sur le Mall.


Une longue attente commence. Debout. C'est tout. Une bouteille d'eau achetée à prix d'or,  un carré de chocolat et deux spéculoos de mes réserves que j'ai "smokkelés" dans mon petit sac. Car la liste des objets interdits est longue : pas de sac à dos, pas de nourriture ni de boisson, pas de parapluie, pas d'armes, pas de munitions, pas d'explosifs, pas de selfie-stick, pas...  Les objets confisqués ne seront pas rendus. 

La foule est bon-enfant puis devient plus compacte. Les petits se faufilent et à certains moment, je peux à peine respirer, coincée de partout. Chaque personne veut voir son pape !  Le service d'ordre est sur les dents. Tous les cinq mètres, un agent de police ou un agent secret (c'est indiqué sur leur tenue !) est posté pour surveiller un bloc de foule. 


Je repère des franc-tireurs sur le toit du bâtiment au coin. Eux aussi scrutent la foule avec des jumelles. Il y a les policiers à vélo, avec des chiens, avec des gilets pare-balles, des militaires, des pompiers, des secouristes. Les moyens mis en oeuvres sont considérables. 


Pour patienter, certains groupes chantent en espagnol.  Quelques personnes distribuent des chapelets, d'autres proposent des confessions, d'autres encore vendent des T-shirts et des fanions aux couleurs du Vatican.  Le blanc et jaune est partout, associé aux couleurs américaines et à celles de la ville de Washington DC.


Quelques fausses alertes. Non, pas encore. Le pape est reçu par le président Obama à la maison blanche et en bon latino-américain, il prend son temps. C'est ce que j'entends de mes voisins latinos eux-aussi. 


Tout à coup, il est 11h20, ça y est, il arrive ! D'abord une douzaine de motards de la police, suivis d'une demi-douzaine de grosses voitures de police et enfin, il est là, en blanc sur sa Jeep papamobile  immaculée !


Les gardes du corps sont très présents.


Par ici, c'est par ici qu'il faut regarder et saluer, crient mes voisins !


Ah ! Oui !!!! Viva el Papa !


Déjà le convoi s'éloigne... Nous l'avons vu trois secondes. 


Y a plus qu'à regarder encore quelques instants l'écran géant pour avoir une dernière vision du Saint-Père. 


Et la foule se répand sur les vastes pelouses qui forment le Mall.  Retour à la vie quotidienne après un temps hors du temps.  Je reprends métros et bus pour regagner moi aussi ma vie quotidienne marquée de cette visite extra-ordinaire !

# WalkWithFrancis

Anne 

  


vendredi 14 août 2015

Douce Europe : Haut-Jura

Des trains, un paysage qui défile et qui change au gré des kilomètres. En quelques heures je suis ailleurs, sans avoir décollé. Je glisse sur le plancher des vaches, j'en vois au passage. J'admire les montagnes à l'horizon.  J'adore !


Les vaches et les montagnes, je les ai retrouvées dans le Haut-Jura. Inondé de soleil comme je n'ai jamais osé l'espérer. Retrouvailles avec une nature qui se laisse approcher, avec des sentiers empruntés par des générations de bergers, de montagnards, de randonneurs...  sur les flancs qui mènent au Crêt de Chalam. 


Oui, c'est par ici qu'on va par là. Déjà entendu ce genre d'énoncé qui résonne encore à mes oreilles.


Vers le Crêt de la Neige.  La montée fut intense. La vue tout à fait magnifique à la hauteur de l'effort mis dans le pas lent et rythmé de la marche.  Le lac Léman, la ville de Genève et le Mont Blanc se donnent à voir.  La moyenne montagne a  ses qualités propres dont je ne me lasse pas.  Mes compagnons de randonnée sont sous le charme aussi.  Ce sont mes enfants. Mes enfants apprécient la randonnée !


Paysage à 360°C.  Toutes les directions sont reposantes pour les yeux. Le vert et le bleu se déclinent dans leur gamme tout entière.


Anne

jeudi 25 juin 2015

#Yoga Day 2015


"Customers, at this time this train will go back to Friendship Heights."  

Nous échangeons des regards interloqués avec les autres passagers du métro.  Avons-nous bien entendu ? Depuis cinq ou six ans que nous vivons aux Etats-Unis, il nous arrive encore de ne pas capter certaines nuances ou d'avoir du mal avec certains accents. Si si, nous avons bien compris. Les autres usagers lèvent les yeux au ciel et commentent cet avis surprenant.  Le métro fait deux ou trois secousses et ... repart en arrière! Ce trajet met nos nerfs à l'épreuve. Pourtant nous sommes bien détendus après une matinée en plein air. 

Dans un souhait de cohérence, nous sommes descendus en ville avec les transports en commun pour assister à la journée internationale du yoga organisée par l'ambassade d'Inde. Et à 8h30 nous étions sur le mall, à l'ombre, si l'on peut dire, du Washington Monument, mais surtout dans le vent !


Les participants arrivent de toutes les directions et installent leur matelas après être allés chercher leur T-shirt gratuit offert aux 500 premiers yogis.

L'herbe est détrempée. Un déluge la nuit précédente m'avait fait craindre que l'événement soit annulé. Mais non, il en faut plus que ça pour décourager les organisateurs. 

L'ambiance est plutôt bon enfant. Une myriade de volontaires veille à ce que les matelas soient étalés en ordre.  Beaucoup sont indiens tant dans le public que parmi les bénévoles. 


Difficile de prendre des photos au beau milieu d'une pose. Je laisse le lecteur imaginer ce que donne l'ensemble, lorsque quelques centaines de personnes se mettent en "Vrkasana", arbre ou encore "Trikonasana", triangle ou "Makarasana", crocodile...  Une vidéo projetée sur grand écran assistée d'une voix indienne guide la méga classe que nous formons.  Franchement, c'est amusant de faire partie de cette communauté de yogis hétéroclites et tellement agréable d'être à l'extérieur !


"Yoga for Harmony & Peace", tout un programme.  Merci,  Monsieur le Premier Ministre Modi. Mais  nous n'avons pas attendu votre initiative pour nous mettre au yoga, il fait déjà partie de notre quotidien.

Allez, Namaste everyone ! 

Anne



jeudi 4 juin 2015

Et les chevaux ?

Les voici qui partent en randonnée sous la direction d'un vrai wrangler. Les cavaliers ? Une partie de la famille. Trop bien !


Après cette expérience équestre, nous ne verrons plus nos enfants qui vont brosser les chevaux, nourrir les chevaux, ramasser le crottin des chevaux, parler aux chevaux, tenir compagnie aux chevaux... Pendant que nous randonnons à notre guise, sans entendre la moindre rouspétance, sans qu'on nous demande si on est bientôt arrivé, si c'est bientôt fini, et que bien sûr on a mal aux pieds, on a soif... Bref, le Ghost Ranch, est formidable pour tous !


Ajoutons à cela l'expérience de descendre un "trail" pour se rendre à l'immense salle à manger où nous ne sommes pas même quarante, un paysage à couper le souffle dans toutes les directions où se porte le regard. 


Oui, nous aimons ces lieux. Inutile de dire que c'est à regret que nous les quitterons. Ils furent le point d'orgue de notre séjour. 


Pourtant, la route vers Taos nous révèlerera des paysages très variés.  Le massif "Sangre de Cristo" est impressionnant et quelques sommets sont encore couverts de neige. Les villages espagnols, préservés et caractéristiques nous intriguent beaucoup.  Parmi ceux-ci, le village de  Questa et son église San Antonio del Rio Colorado en adobe. Les villageois ont décidé de restaurer leur église contre l'avis et sans les subsides de leur diocèse qui avait pris la décision de la raser.  Le maître d'oeuvre du chantier nous explique en long et en large les travaux entrepris. Cette église est le dépositaire de l'histoire des familles depuis leur arrivée dans ces montagnes rudes et le coeur battant de Questa. Une rencontre passionnante.


Et pour finir, nous ferons en voiture l'"Enchanted Circle Drive " qui se montre à la hauteur de son nom. Nous longeons la Red River, traversons de vastes plateaux verdoyants, apercevons des ranches entourés de chevaux en semi-liberté et au loin, les cîmes enneigées... Oui, paysage enchanteur, on peut le dire !  


Anne


vendredi 15 mai 2015

Un vrai Western !


Je laisse de côté la deuxième expédition que nous avons faite dans la région de Santa Fe, trop pressée de vous montrer les fabuleux paysages du nord. Nous remontons le Rio Grande. 


J'ai réservé trois nuits dans un ranch qui m'avait fait bonne impressions sur internet. La réalité sera-t-elle à la hauteur du virtuel ? Nous passons Espanola, Abiquiu. Le pays devient sauvage. Il n'y a plus rien aux alentour sinon une terre de plus en plus rouge, un relief accidenté, des montagnes au loin. On se croirait dans un western. 


Ah, c'est là, tourne à droite ! Et ... nous arrivons en plein western ! Stop, no, please no camera, no photos !  En effet, il y a de l'animation autour d'une cabane en rondins, un cow-boy, des chevaux...


Nous sommes sur le tournage de "Ridiculous Six". Mais ça, nous l'apprendrons plus tard. Le mot d'ordre est à la discrétion. Il suffit cependant de chercher un peu sur le net pour trouver toutes les informations voulues. Ci-dessus, la dite cabane après le départ des acteurs, cameramen, chevaux  et autres intervenants du film.   


Check in efficace et nous nous lançons tout de suite sur les chemins de randonnée qui sont légion autour du ranch. Les formes et les couleurs se surpassent. Nous apprenons et comprenons pourquoi Georgia O'Keeffe est venue passer la fin de sa vie par ici. 


Arbres et buissons se font rares et tourmentés. Il y a du beaucoup de vent et peu de pluie sur ces terres rouges.


De nouveau l'impression merveilleuse de respirer, d'être vraiment ailleurs. La nature se donne à voir dans tous ses états.


Coucher de soleil véridique :  je veux dire que je n'ai pas retouché les couleurs !
Un rapace veille sur "ses" formations rocheuses, vous le voyez ? 
Nous sommes conquis ...  

Anne