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mardi 17 novembre 2015

Monocacy Battlefield, MD


Les lecteurs réguliers ou occasionnels de ce blog l'auront compris, cet automne 2015 nous voit dans un "Battlefield Mood".  C'est exact ! Voici encore une visite de champ de bataille à l'occasion du congé de récupération du 15 novembre.  


Nous ne sommes certes pas d'humeur guerrière mais nous aimons les grands espaces offerts par ces lieux chargés d'histoire. De plus, notre temps sur le continent américain aura une fin et ces endroits manquaient à notre connaissance de l'environnement où nous vivons.


Ce champ de bataille est plus petit et plus proche que les précédents.  Quarante minutes de route nous conduisent quelques miles au sud-ouest de Frederick dans le Maryland où un parking vide et un "Visitor Center" impeccable nous attendent, tout près de la Monocacy River. Un volontaire expérimenté, il compte plus de quatre mille heures de volontariat - c'est indiqué sur le tag de son uniforme - nous donne une carte du parc et nous explique en quelques mots ce qu'il y a à voir et comment s'y rendre. Nous faisons un tour rapide du musée qui détaille les opérations du 9 juillet 1864. L'enjeu du jour, qui verra la victoire des Sudistes, était la prise de la "Monocacy Junction", c'est-à-dire le croisement des lignes de chemin de fer menant à Frederick, Baltimore et Washington.  Elles existent toujours, les rails sont brillants et les poteaux de signalisation récents. 


Le champ de bataille est traversé par l'autoroute 270 qui dédouble l'ancien Georgtown Pike. Une photo de 1910 nous montre une route de campagne en terre et cailloux, comme on en voit dans l'ouest. Que de bitume a coulé depuis cette époque, pas de photos, je vous épargne cela...


Au départ de la Worthington Farm, nous faisons une boucle qui descend vers la rivière, la longe un moment, remonte sur un ridge avant de regagner le point de départ. 


Au passage nous voyons de belles vaches noires assez carrées qui broutent paisiblement dans un pré bourbeux. Nous ôtons vestes et pulls, il n'y a pas de vent, il fait délicieux sous le soleil doux de novembre. Pas un chat à voir mais des chevreuils en pagaille, une famille de piverts actifs, et trois ou quatre grosses marmottes dans les champs. 



Ambiance bucolique qui tient à distance  la bataille du siècle avant-dernier. 

En revanche, impossible de ne pas penser aux terribles attaques de ce vendredi 13 novembre à Paris. Nous gardons en mémoire les victimes de cette violence odieuse.  

Anne




samedi 14 novembre 2015

Antietam ou la Bataille de Sharpsburg

Onze novembre : "Veterans Day" !


Les administrations sont fermées. Les enfants vont à l'école. Le temps est clair.  Et si on se faisait encore un champ de bataille ? 


Le temps de se préparer un pique-nique - l'expérience nous a appris que sur place, nous ne trouverons pas grand chose, en fait rien du tout à nous mettre sous la dent - et nous prenons la route, direction  nord-ouest vers Antietam dans le Maryland. Une heure et vingt minutes plus tard, à nous les grands espaces ! 


Les lieux sont moins vastes qu'à Gettysburg mais tout aussi bien préservés.  Dans  le visitor center, un film nous montre les manoeuvres des différentes formations et toute l'horreur des affrontements qui ont fait 23.000 soldats morts, blessés ou disparus en UNE journée !   Un gâchis humain incroyable. 


Nous empruntons un sentier qui contourne des fermes détruites lors des combats et reconstruites par leurs propriétaires après les hostilités.


La visite de plusieurs champs de bataille nous fait prendre conscience de la fracture profonde  qui a longtemps divisé ce pays et dont il reste quelques traces de nos jours. 


La guerre est laide, les champs de bataille 150 plus tard présentent une beauté non dénuée de nostalgie...


Anne

samedi 24 octobre 2015

Gettysburg, PA


"There is the man ! Yes ! Meade!". L'homme qui prononce cette phrase en pointant du doigt vers un cavalier de bronze, avance à grand pas. Fasciné par le monument, il en fait le tour et lit tout haut les inscriptions de la plaque commémorative. Il lève la tête en plissant les yeux, recule pour avoir une meilleure vue d'ensemble. Il s'oriente ensuite vers la plaine. "Right here, it happened right here !". C'est entre cet arbre et ce bosquet que s'est joué l'affrontement majeur entre les sudistes et les nordistes. Ces derniers l'ayant finalement emporté.   


Nous sommes sur le champ de bataille de Gettysburg en Pennsylvanie. Le site est superbe : les couleurs de l'automne donnent une touche flamboyante au paysage qui fut le théâtre des opérations qui ont coûté la vie à 50.000 combattants ! Trois jours d'affrontements acharnés en juillet 1863.  Les américains ont eu la bonne idée de conserver les lieux intacts en érigeant plaines et collines en parc national. 


Quelques fermes de l'époque sont toujours debout, de même que les mûrets de pierres sèches qui séparent les champs. Aucune construction intempestive ne vient choquer le regard. Des monuments à la mémoire des héros des deux camps se trouvent de part et d'autre de la ligne de démarcation et se fondent dans le paysage. Une route à sens unique permet de faire le circuit de la bataille de façon organisée. Je dois reconnaître que les visiteurs sont très respectueux de ce vaste memorial. Pas de cris, pas de nourriture, pas d'agitation, les voitures roulent lentement.


Le visiteur type est un homme d'un certain âge, qui vient de loin et qui a réussi à entraîner sa femme jusqu'en Pennsylvanie. J'ai vu des voitures du Michigan, d'Illinois, de Caroline du Nord, de Georgie, de l'état de Washington...  "I want you to take a picture of that".  Encore une épouse qui suit tant bien que mal sous le soleil éclatant. C'est elle qui porte l'appareil de photo et exécute les ordres. La visite du champ de bataille tient du pèlerinage que tout bon citoyen américain se doit d'accomplir au moins une fois dans sa vie. 


Je ne suis pas américaine et moi aussi je marche à la suite de mon mari qui se  passionne pour ce qu'il voit. J'écoute ses explications, ne retiens pas tout. J'attends à l'ombre quand c'est possible, je prends quelques photos.  Le paysage est reposant malgré l'horreur qu'il a connue. En témoigne notamment le tristement fameux  "Devils Den".


Le général Lee sur son destrier.  Pas mal d'allure, malgré la défaite, non ? 

Anne